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samedi 1 mai 2010

Mignonne, allons voir ... Ronsard

(par Marion)

Histoire d’amour ?

Beauté : Mignonne, beauté
Temps : Jeunesse, vieillesse, matin, soir, futur ( fera)

~1ere strophe

Matin, « éclose », pourpre ( robe pourprée), Personnification de la rose, «  teint », « soleil ».
Il s’adresse à la femme au début et à la fin, ce qui dirige, encadre la strophe. Rapport à la couleur et la lumière.

Octosyllabes, rythme fluide

~2eme

Changement de registre « Las » (= Hélas) => Elégiaque
Le temps a passé, beauté éphémère.
Rapidité «  peu d’espace »
Reprise anaphorique de «  Mignonne » => insiste sur sa beauté, pour lui faire peur.
Marâtre = méchante mère ( belle-mère)
Personnification de la nature => rendu indispensable, accusation.
« Puisque » => justifie son accusation, et accuse la beauté éphémère.
« Ne…Que … » Rythme saccadé, colère.

~ 3eme

Conclusion ( Donc)
Mignonne
« Si », question de confiance
Verte, jeunesse, espoir, nature
Registre didactique, donne un conseil «  Cueillez votre jeunesse » => Une fleur , Métaphore.
Ce qui éclaire le sens du poème où la rose de la première strophe représente la jeunesse.

mardi 27 avril 2010

Carpe Diem, Baudelaire, Remords Posthume

(Par Emma) 

Remords posthume : post = après, hume = mort.

Titre ironique : on ne peut pas avoir de remords une fois que l’on est mort.

Il s’agit d’un sonnet avec rime ABBA ABBA.
Les rimes féminines « embrassent » les rimes masculines.
Forme de domination de la femme ?

1 : En quoi ce poème appartient-il au carpe diem ?

-Sentiments de vie : « remords » (v.14), « peureuse » (v.5), « aventureuse » (v.8).
-Beaucoup d’ironie.
- « Ce que pleurent les morts » (v.13) : des actions de vivants : « dormir », « courir », « battre et vouloir ».
-Eléments du corps sensuels ou liés de l’amour : « poitrine » et « flanc ».
-C’est un sonnet dédié à la femme.
-C’est un carpe diem détourné : trop tard pour profiter de la vie car la mort est déjà là.


2 : La femme est aimée et détestée à la fois.

-Femme aimée : belle, manoir, marbre, alcôve.
-Femme détestée : caveau pluvieux, fosse creuse, noir, ténébreux.
-Courtisane : qui courtise, qui aime les hommes.
-Imparfaite : infidèle.
-Punition :  caveau : prison.
-Remords : éternels.


3 : A quoi sert la mort dans ce poème ?

-Faire peur : opprimant, empêchera.
-Souffrance : rongera.

Mort : supplice, prison dans laquelle on rentrera, enferme son infidélité.
Faire peur : persuasion irrationnelle, souffrance physique et morale.
Prosopopée : faire parler un objet, un mort, un absent.
Baudelaire fait passer ses propos à  travers la prosopopée du tombeau.
Le tombeau représente la mort.
« Et le ver rongera ta peau comme un remords » : allégorie.
Remords : sentiment de culpabilité.
Rêve infini : rêve d’absolu, d’autre chose.
« Tombeau, confident » : mort : forme d’absolu.
Grandes nuits : mort.
« La somme est banni » : Baudelaire ne conçoit pas la mort comme un repos.
Baudelaire : matérialiste. La mort n’est que destruction de la matière. Seul le remords persistera.
« Lorsque », « lorsque », « toujours », « durant » : connecteurs logiques liés au temps. Opposition mort/vie. Connecteurs dans toutes les strophes sauf la dernière.
Allitérations : vers 5 : pierre, opprimant, poitrine, peureuse.
R : - roulement de tambour, la fin est proche + dureté de la pierre, du marbre.
P : tic-tac du temps.


Problématiques :
Comment ce poème transforme-t-il le carpe diem ?
Comment ce poème réinvente-t-il le carpe diem ?
Quelle est la place du poète dans ce poème ?
Quel portrait de la femme est dressé ?
A quoi sert la mort ?

Carpe Diem, Sonnet à Hélène (Quand vous serez bien vieille)

Ronsard : imbu de sa personne ?
Il se cite deux fois, elle s’ennuiera sans lui, elle regrettera de ne pas l’avoir aimé, il est capable de réveiller des servantes juste avec son nom.

1ère strophe : elle : vieille = lui montre les ravages du temps, lui fait peur.
2ème strophe : les servantes.
3ème strophe : lui.
4ème strophe : conseil de vie.

La chandelle (v.1) : flamme de la vie.
Laine : fil du temps.
Filant : laine, temps qui fuit.
Feu : feu qui brûle, qui détruit.

Lien direct avec le mythe des Parques.

1er strophe : Ronsard est orgueilleux, le mot « émerveillant » est très fort. Elle est flattée quand elle sera vieille parce que Ronsard a parlé d’elle dans ses vers.

2ème strophe : Sens évoqué : l’ouïe : « oyant », « chantant », « bruit ». Servante (peu de culture) connaît le nom de Ronsard. « Demi-sommeil » : approche de la mort. Ronsard a le pouvoir de rendre immortel Hélène : il faut la citer.

3ème strophe : Il parle de lui à la première personne. Prend du repos aux Myrthes. Beaucoup de verbes au futur.

4ème strophe : Le regret de l’amour auquel elle n’aurait pas répondue. Il joue sur la persuasion, il lui fait « peur ».

Conclusion argumentative :
- 2 impératifs : « vivez », « cueillez ».
- registre didactique.
- les 2 derniers vers : sorte de moralité.
- philosophie du carpe diem : carpe « cueillez », diem « aujourd’hui ».
- rose : la beauté de la jeunesse.
- la rose est symbolique pour Ronsard.

Problématiques :
En quoi ce poème est-il un poème du carpe diem ?
En quoi Ronsard fait-il l’éloge du poète ?
Dans quelle mesure ce poème est-il une déclaration d’amour ?
Quelle est la stratégie amoureuse de Ronsard ?
Quelle est la visée du poème ?

Plan possible :
I – Représentation du temps qui passe
a)Décor symbolique
b)Les personnes au futur
c) La variété des temps verbaux
II – La stratégie de persuasion
a)Peur des ravages du temps
b)Peur de regretter, nostalgie
c)Conseil final (= morale ?) = carpe diem
III – L’éloge du poète
a)Immortalité
b)Référence du mythe = pouvoir « divin » du poète
c)Autoportrait mélioratif

samedi 6 mars 2010

Stances à Marquise, Corneille

Introduction : Poème écrit en 1658 par le dramaturge classique Corneille, pour Thérèse Du Parc, comédienne de la troupe de Molière très courtisée, et que l'on surnommait « Marquise ».

1)Le poème reprend des caractéristiques du Carpe Diem :
- thèmes traditionnels : la beauté (la rose : signe de la beauté + motif récurrent du Carpe Diem) ; le temps qui passe (métaphore de la rose qui fane + emploi du futur)
- s'adresse à une femme (« Marquise »)
- se termine par un conseil à l'impératif, sorte de morale de Carpe Diem (« Pensez-y »)

2)Sa structure :
- 1ère partie = 3 premiers quatrains : Le poète effraie Marquise (le temps attaque la beauté physique)
- 2ème partie= quatrains n°4 à 7 : Le poète célèbre sa propre gloire ; immortalité du poète contre beauté éphémère
- 3ème partie = 2 derniers quatrains : Conseil de Carpe Diem

3)Représentation du temps qui passe :
- la rose qui se fane v. 7 + front ridé v. 8 = ravages du temps sur les vivants
- le cours des planètes + jours et nuits = immuabilité et circularité du temps céleste
=> Marquise, à l'image de la rose ; poète à l'image des planètes ...

4)Le ton du poète est autoritaire :
- impératif aux v. 3 et 29
- certitude au v.12 (affirmation cruelle !)
- Vers 21 à 28 : sorte de chantage : comme ses vers sont immortels, c’est le poète qui choisit l’image de Marquise à laisser. Il fait comprendre à Marquise le pouvoir de ses vers (donc de lui-même) en lui expliquant qu’ils seront la seule trace d’elle dans le futur (elle a donc intérêt à ne pas le repousser si elle veut qu'il dise du bien d'elle).

5)La stratégie argumentative utilisée :
a) Il tente de la persuader (joue sur les sentiments) :
- joue sur la peur et le mépris,
- fait la morale. I Il est ironique.
- Il se pose en supérieur (il se désigne par le « front »v. 8, siège de la pensée ; il est très orgueilleux : dénigre la beauté terrestre au v.20 contre son intellect)
- Il fait la morale (« Pensez-y »)
b) Il tente de convaincre :
- connecteurs : « si, comme, cependant, mais, quand, qu'autant que, quoiqu' »
- arguments : le temps vous ridera, mais je peux vous rendre immortelle si vous acceptez de me courtiser
- conclusion : « pensez-y » ...

6)Le terme « Stances » du titre :
définition de « stance » : poème lyrique d’inspiration grave, religieuse.
Or ici, beaucoup d'ironie, peu de gravité, le poème est plus un jeu avec Marquise qu'autre chose.
L'appellation « Stances » est donc ironique.

7)Figures de style les plus signifiantes :
« fané vos roses » (v.7) : métaphore archi connue
«mon front » v. 8 et « des yeux » v. 22 : synecdoques : le front représente Corneille (plus précidément, le front montre que Corneille est intelligent, lui !) ; les yeux représentent la beauté de Marquise (mais ce sont ces mêmes yeux qui se fermeront un jour ...)
« On m'a vu ce que vous êtes // Vous serez ce que je suis. » chiasme faisant opposition de ce qu’est l’auteur avec ce qu’est Thérèse. (v.11 et 12).
« assez éclatants » v. 14 : oxymore (soit c'est éclatant, soit ça ne l'est pas, mais ça peut difficilement être « assez » éclatant ! = fausse modestie du poète
« Ceux que vous méprisez » v. 18 = périphrase désignant les charmes de Corneille

8)Ironie très présente tout au long du poème :
Ironie = décalage entre ce que l’on attend et ce qui est énoncé (le décalage provoque un effet de surprise, et un effet comique).
- A la fin de chacune des 3 premières strophes : Corneille ne prend pas de gants pour évoquer la vieillesse future de Marquise.
- Auto-satisfaction bien trop éclatante : Corneille se compare à un dieu (à un démiurge, c'est à dire un créateur d'univers), capable d'immortaliser qui il veut + noter quelques expressions comme « quand il est fait comme moi » v. 32, « où j'aurai quelques crédit » v. 26, « j'ai quelques charmes » v. 13 … qui prouvent soit un orguieil démeusuré, soit de l'auto-dérision.

9)Que célèbre Corneille ?
On pourrait d'abord croire qu'il célèbre Marquise et sa beauté : champ lexical de la beauté (« belles », « vos roses », « charmes »...)
Mais en réalité, il parle beaucoup plus de lui que d'elle : il utilise beaucoup le « je », à ce moment là les tournures sont positives. Mais lorsqu’il utilise le « vous » c’est dans des tournures négatives (« vous ne vaudrez » v. 4 ; « vous ne passerez » v. 27).
La jeune comédienne un faire-valoir pour le poète : il se valorise auprès d'elle.

Conclusion : poème qui réutilise les motifs traditionnels du Carpe Diem de Ronsard, mais qui en détourne la fonction : au lieu d'être une invitation à l'amour et à la vie, c'est plutôt une opposition entre la beauté physique éphémère de la femme et le génie immortel du poète.

Problématiques possibles :En quoi ce poème est-il un poème du carpe diem ?
En quoi ce poème dévalorise-t-il la beauté de Marquise ?
Quelle est la visée de ce poème ?
La déclaration de Corneille vous semble-t-elle efficace ?
En quoi ce poème célèbre-t-il le génie du poète ?
De qui Corneille fait-il réellement l’éloge ?