Voici une liste, en vrac, des questions qui vous ont été posées lors des oraux blancs sur : la séquence I : La Mort est mon métier
- Quelle est la particularité de l'écriture de Robert Merle ?
- Peut-on dire que Rudolf est un héros ?
- Quel est le rapport entre La Mort est mon métier et Le Ruban Blanc ?
- Qui était réellement Rudolf Hoëss?
- Rudolf Lang est-il un héros ? Un anti-héros ? Un héros positif ?
- Quels sont les liens entre R. Merle et R. Lang ?
- Comment Robert Merle a-t-il écrit son roman ? / Grâce à quoi R. Merle a-t-il pu écrire son livre ?
- Pourquoi ce livre s'appelle-t-il "La Mort est mon métier" ?
- Résumer rapidement le roman
- Citer quelques livres d'aujourd'hui qui pourraient avoir un rapport avec La Mort est mon métier.
- Que pouvez-vous dire de l'évolution du héros romanesque ?
- Comment Robert Merle qualifie-t-il Rudolf dans sa préface ?
- Qui sont les trois femmes qui ont compté dans la vie de Rudolf ?
- Préférez-vous un roman avec un héros ou un anti-héros ?
- Quelle est l'évolution du personnage de Rudolf dans le roman ?
- Rudolf est-il responsable de ses actes selon Robert Merle ?
- Que s'est-il passé dans l'enfance de Rudolf qui l'a éloigné de la religion ?
- Est-ce réellement le prêtre qui l'a dénoncé ?
- Elsie était-elle au courant des actes de Rudolf ?
- Quel âge avait Rudolf en 1913 ? Et en 1947 ?
- Rudolf est-il un monstre ou un homme ordinaire ?
- A quoi le destinait son père ?
- Qu'est-ce que la Solution Finale ?
- Le titre est-il bien choisi ?
- Pourquoi avoir vu Le Ruban Blanc ?
- Quel est le rapport entre le corpus autour de l'évolution du héros romanesque et le livre ?
- Pourquoi Rudolf a-t-il agi comme cela ?
- Quel portrait peut-on faire de Rudolf ?
- Que se passe-t-il à la fin du roman ?
- Que connaissez-vous de Robert Merle ?
- Quel est l'intérêt de lire un roman comme cela ?
- Peut-on se permettre d'écrire un roman sur des faits historiques graves ?
- (STI) Comparer l'incipit de La Mort est mon métier avec l'incipit de L'Etranger.
- (STI) Que savez-vous de l'incipit de L'Etranger ?
- (STI) Sur les documents complémentaires : quel type de personnage est fabrice Del Dongo ? Et Le Roland Furieux ? Et Meursault ?
- (STI) De quel siècle est Stendhal ?
- (STI) Quelles sont les caractéristiques du personnage de Fabrice Del Dongo ?
- (STI) Quel lien peut-on faire entre l'Etranger et ce roman ?
- (STI) Qui est Fabrice Del Dongo ?
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mardi 2 avril 2013
jeudi 14 mars 2013
GT sur l'évolution du personnage romanesque
G.T. sur l'évolution du personnage romanesque
Corpus :
Texte A : Extrait du Roland furieux, L'Arioste (traduction d'Italo Calvino), 1516
Texte B : Extrait de La Chartreuse de Parme, Stendhal, 1842
Texte C : Extrait de L'étranger, Albert Camus, 1942
Corpus :
Texte A : Extrait du Roland furieux, L'Arioste (traduction d'Italo Calvino), 1516
Texte B : Extrait de La Chartreuse de Parme, Stendhal, 1842
Texte C : Extrait de L'étranger, Albert Camus, 1942
Texte A : Extrait du Roland furieux, L'Arioste (traduction d'Italo Calvino), 1516
[Le Roland Furieux de l'Arioste relate le combat des chevaliers de Charlemagne contre les Sarrasins et notamment les aventures de Roland, le neveu de Charlemagne..]
L'un saisit une fronde, l'autre un arc ; celui-ci une épée ou une lame ; tous descendent sur le rivage et par-devant, par derrière, de tous côtés, de près et de loin, ils attaquent Roland à qui mieux mieux1. Le chevalier, surpris et indigné de cette insulte grossière et de cette brutalité insensée, se voit outragé pour avoir tué le monstre, tandis qu'il n'en devait attendre que la gloire et la reconnaissance.
Mais de même que l'ours conduit dans les foires par les Russes ou les Lithuaniens ne craint pas en passant par les rues l'aboiement importun des petits chiens et dédaigne même de les regarder, de même Roland regarde avec dédain ces vils assaillants, sachant bien que de son souffle seul il mettra en pièces cette infime multitude.
Il se fait place promptement en se précipitant sur eux sa Durandal2à la main. Cette foule insensée s'était imaginé que ce guerrier tout seul ne leur résisterait pas, ne voyant sur lui ni cuirasse sur le dos, ni bouclier au bras, ni aucune autre armure. Elle ignorait que des pieds jusqu'à la tête le chevalier avait la peau plus dure que le diamant.
Mais ce que Roland ne permet pas aux autres de lui faire il a le pouvoir de le faire aux autres. Il en tue trente en ne frappant que dix coups ou guère plus. Il chasse bientôt du rivage toute cette canaille, et déjà il s'avance vers la dame pour rompre ses liens, lorsque de l'autre côté du rivage un nouveau bruit s'élève et de nouveaux cris se font entendre.
1- Le plus possible, en rivalisant avec les autres
2- Nom de l'épée du chevalier Roland
Texte B : Extrait de La Chartreuse de Parme, Stendhal, 1842
[Le jeune Fabrice Del Dongo, plein d'admiration pour Napoléon, se retrouve sur le champ de bataille de Waterloo pour son premier combat.]
Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L'escorte prit le galop; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.
- Les habits rouges3! les habits rouges ! criaient avec joie les hussards de l'escorte, et d'abord Fabrice ne comprenait pas; enfin il remarqua qu'en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d'horreur; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore; ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s'arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L'escorte s'arrêta; Fabrice, qui ne faisait pas assez d'attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.
- Veux-tu bien t'arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal des logis. Fabrice s'aperçut qu'il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d'un air d'autorité et presque de réprimande; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière4, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin:
- Quel est-il ce général qui gourmande son voisin?
- Pardi, c'est le maréchal!
- Quel maréchal?
Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l'injure; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskova, le brave des braves.
3- Les soldats anglais, ennemis de Napoléon
4- Italien et soupçonné par les français d'être à la solde de l'ennemi, Fabrice avait été emprisonné avant de s'échapper
5- Célèbre maréchal de Napoléon, nommé prince de Moskova lors de la campagne de Russie (1812)
Texte C : Extrait de L'étranger, Albert Camus, 1942 (incipit du roman)
[Le narrateur, Meursault, vient de recevoir un télégramme lui annonçant la mort de sa mère...]
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile6 : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : "Ce n’est pas de ma faute." Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m’a dit : "On n’a qu’une mère." Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.
J’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l’odeur d’essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J’ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j’étais tassé contre un militaire qui m’a souri et qui m’a demandé si je venais de loin. J’ai dit "oui" pour n’avoir plus à parler.
6 - Ici, maison de retraite
mardi 12 mars 2013
Pour réviser : des problématiques sur les LA
Quelques idées de problématiques possibles sur toutes les L.A. :
La Mort est mon Métier
LA1 : (incipit)
- Cet incipit remplit-il ses fonctions ?
- Comment cet incipit met-il en place l'intrigue du roman ?
- En quoi cet incipit éclaire-t-il le reste du roman ?
- En quoi cet incipit donne-t-il des indices sur la future personnalité de Rudolf ?
LA2 : (entretien avec le Directeur de prison)
- Pourquoi cette scène est-elle importante dans le roman ? (qu'apporte cet extrait au roman ?)
- Que nous révèle cet extrait comique sur la personnalité de Rudolf ?
- Pourquoi le personnage du Directeur est-il intéressant pour étudier la personnalité de Rudolf ?
- Quelle stratégie le Directeur met-il en place pour cerner la personnalité de Rudolf ?
LA3 : (découverte du Cyclon B)
- Que nous apprend cet extrait sur le personnage de Rudolf ?
- Comment cet extrait révèle-t-il la double personnalité du personnage ?
- En quoi consiste la folie de Rudolf selon cet extrait ?
- Selon cet extrait, en quoi le personnage de Rudolf est-il monstrueux ?
LA4 : (exipit)
- Montrer que cette scène ne permet pas de comprendre le personnage Rudolf.
- Quelle est la stratégie du procureur pour comprendre Rudolf ?
- Montrer que cet extrait présente deux mondes étrangers l'un à l'autre
- En quoi cet exipit est-il dérangeant ?
Zadig
LA1 : (Le Chien et le Cheval)
- Que critique cet extrait et comment ?
- Comment Voltaire critique-t-il la Justice dans cet extrait ?
- En quoi cet extrait est-il caractéristique des Lumières ?
- Montrer que cet extrait est un apologue
LA2 : (Le Ministre)
- Comment Voltaire présente-t-il un idéal de Justice ?
- Montrer qu'il s'agit d'un apologue caractéristique des Lumières
- Quelles valeurs Voltaire transmet-il dans cet extrait et comment les transmet-il ?
- En quoi cet extrait est-il caractéristique du conte philosophique ?
LA3 : (Le Bûcher)
- Que critique cet extrait et comment ?
- Comment Voltaire critique-t-il le fanatisme dans cet extrait ?
- En quoi cet extrait est-il caractéristique des Lumières ?
- Montrer que cet extrait est un apologue
LA4 (l'Ermite) ES uniquement :
- Pourquoi ce chapitre est-il fondamental dans le conte de Voltaire ?
- Quel enseignement apporte ce chapitre sur la question du Mal et de la destinée ?
- Comment cet extrait illustre-t-il la philosophie de Leibniz ?
- En quoi ce dialogue est-il argumentatif ?
LA4 (Les animaux malades de la Peste) STI uniquement :
- Que critique cette fable et comment ?
- Comment La Fontaine critique-t-il la Justice dans cette fable?
- En quoi cet extrait illustre-t-il la devise du classicisme (plaire et instruire) ?
- Montrer que cette fable est un apologue
Huis-Clos
LA1 : (Scène d'exposition)
- Cette scène d'exposition remplit-elle ses fonctions ?
- Montrer que cette scène met en place les grands thèmes de la pièce.
- Etudier le mélange de registres de cette scène.
- Quelle est l'originalité de cette scène d'exposition ?
LA2 : (« Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres »)
- En quoi consiste l'enfer dans cet extrait ?
- Qu'apprend-on de chacun des personnages dans cette scène ?
- Comment Inès conclut-elle que « le bourreau, c'est chacune de nous pour les deux autres » ?
- Montrer qu'Inès domine cet échange.
samedi 17 novembre 2012
ORAL : Questions d'entretien sur La Mort est mon métier
La Mort est mon métier :
Questions d'entretien... quelques exemples
I. Sur le roman
- Résumer les grandes lignes du roman
- Quel passage vous a le plus marqué / choqué / plu ? Pourquoi ?
- Quel portrait peut-on faire personnage de Rudolf ? = Que peut-on dire de Rudolf ?
- Comment le lecteur peut-il s’identifier au personnage de Rudolf ? Est-ce souhaitable ?
- Quels rapports R. Merle entretient-il avec son personnage ?
- De quel personnage réel est inspiré Rudolf Lang ?
- Qui sont les personnages secondaires de ce romans ? Quel est leur portrait ?
- Comment un enfant docile et conformiste est-il devenu « le plus grand assassin des temps modernes » ?
- Pourquoi cette expression est-elle entre guillemets ? Qui l'a prononcée et à quelle occasion ?
- Comment se termine le roman ?
- D'après R. Merle, Rudolf est-il responsable de ses actes ? D'après le procès de Nuremberg ? Et d'après vous ?
- Que connaissez-vous de la vie de Robert Merle ?
- Pour quel roman a-t-il obtenu le prix Goncourt ?
- Est-il toujours en vie ?
- En quelle année a été écrit La Mort est mon métier ?
- Qu'est-ce qu'un camp de concentration ?
- Qui était le responsable nazi des camps de concentration ?
- Pourquoi le camp d'Auschwitz est-il si connu ?
- Où est-il situé ?
- Combien de Juifs y ont été gazés ?
- Qu'est-ce qu'un SS ? La SA ? Un KL ?
- Qu'est-ce que la Wehrmacht ? Pourquoi n'est-elle pas au courant des agissements des SS dans les camps ?
- Qui est le chef du camp d'Auschwitz ?
- Comment et quand est-il mort ?
- Qu'appelle-t-on la Shoah ? Quel autre nom donne-t-on à la Shoah, qui désigne à l'origine l'immolation d'un animal en offrande à un dieu ?
- Qu'est-ce que la Solution Finale ? Qui l'a décidée ? Qui l'a mise en oeuvre ?
III. Sur des connaissances littéraires et l'objet d'étude (le personnage de roman du XVIIè à nos jours)
- Qu’est-ce qu’un narrateur ?
- Expliquez les différents points de vue (ou focalisations).
- Quand le roman est-il né en France ?
- Quelle évolution le genre romanesque a-t-il connue au cours des siècles ?
- Qu’apporte le XIXe siècle au genre romanesque ?
- Expliquez la construction et l’évolution du personnage de roman.
- Qu’appelle-t-on un héros positif / négatif, un antihéros, un héros collectif ?
- Qu'est-ce qu'un anti-héros ? Rudolf est-il un anti-héros ?
- Peut-on dire de Rudolf qu'il est caractéristique des personnages de roman du Xxème siècle ? Pourquoi ?
- Qu’est-ce qui caractérise le roman moderne ?
- Qu’est-ce qu’un roman autobiographique ?
- Quelles sont les fonctions du roman ?
- Quel rapport le roman entretient-il avec la réalité ?
- Quelles sont les fonctions de la description dans la représentation des personnages ?
IV. Sur les documents complémentaires
- A quoi sert la préface à La Mort est mon métier : qui l'a écrite ? Pourquoi ?
- Qu'on en commun les extraits sur l'enfant turc, l'épisode de l'usine et l'aveu à Elsie ?
- ES : Qu'est-ce qu'un personnage antipathique ? Pourquoi avoir étudié un tel corpus dans cette séquence ?
- STI : Pourquoi avoir étudié dans cette séquence un corpus sur l'emprisonnement ?
- Quel est le rapport entre le Ruban Blanc et La Mort est mon métier ?
- Quels sont les points communs entre le film et le roman ?
- Quel est l'intérêt de ce film ?
- Vous a-t-il plu ? Pourquoi ?
- ES : En quoi le corpus sur « Mémoires de la Shoah » a-t-il complété la lecture du roman ? Que vous a-t-il appris de plus ?
- Qui est Primo Levi ? Robert Antelme ?
- ES : Quelle lecture cursive supplémentaire avez-vous faite ? Quel est le rapport avec La Mort est mon métier ? L'avez-vous aimée ? Pourquoi ?
- Avez-vous vu d'autres films en complément de cette séquence ? Quel en est l'intérêt ?
V. Sur votre avis personnel
- Quel est l'intérêt de lire / d'écrire un roman pareil ?
- Pourquoi peut-on aimer lire des romans ?
- Quelle est la différence entre un roman et le même roman transposé en film ?
- Quelles qualités doit avoir un personnage de roman pour plaire au lecteur / pour être le héros du roman ?
- On dit parfois que dans un roman les descriptions sont ennuyeuses : qu’en pensez-vous ? = A quoi servent les descriptions dans un roman ?
- Quelles qualités doit avoir un début / une fin de roman réussi(es) ?
mercredi 14 novembre 2012
LA 4 détaillée : l'exipit, le procès
LA n° 4 : Le procès
de la p.366 de « Là-dessus je demandais encore la parole » jusqu'à la fin.
Il s'agit de l'exipit du roman, la fin du procès de Rudolf et la sentence finale.
Problématique possible : la stratégie du Procureur est-elle efficace pour comprendre la personnalité de Rudolf ?
I. Le Procureur tente de confondre Rudolf
A. Il utilise des arguments
- 3 arguments (=> réponse de Rudolf):
1) Rudolf a pris des initiatives et fait preuve de zèle (=> faux : zélé dans la tâche, pas dans les ordres)
2) Rudolf n'a rien fait pour se libérer de ses fonctions (=> si, avant Auschwitz)
3) Ce travail plaisait à Rudolf (=> « pas du tout »)
- Sa thèse (implicite, on doit la comprendre, elle n'est pas formulée) : Rudolf est un sadique
- Quelques procédés rhétoriques : une double négation (« vous ne pouvez nier que » = litote = accentue en disant moins), une question rhétorique (« c'est donc que »)
- Des connecteurs logiques : donc, cependant
B. Puis il fait appel à l'émotion
Après avoir tenté la voie des arguments (ce qui a été un échec), il cherche à toucher Rudolf, à lui faire comprendre ce qu'il y avait de monstrueux dans ses actes. Trois tentatives :
- Relis la déposition neutre de Rudolf et entre dans la logique de Rudolf pour guetter son approbation (« c'est bien ce que vous avez dit »). Mais Rudolf n'est pas accessible aux sentiments, il ne s'attache qu'au détail du verbe « jeter », ne réagit à rien d'autre.
- Le Procureur pose alors une question directe, sur ses sentiments : « N'étiez-vous pas ému » l.49 + lexique pathétique : « pitié, pauvres femmes, bébés, générosité, bourreaux »
- Devant la froideur de Rudolf, il tente un parallèle, il en appelle à l'empathie que tout être humain devrait ressentir : amour de ses propres enfants // attitude envers les petits juifs.
Pour appuyer ses dires, il théâtralise ses gestes et sa diction :
- « fit une pause » l.22, « fit une pause » de nouveau l.69, « promena lentement son regard sur la salle » l.69, « s'écria » l.86 = ménage un effet, une intensité dramatique, personnage qui se met en scène, qui utilise les mots et les gestes pour détourner la réalité de son fait brut,
- « fixa dans les yeux » l.22, « releva la tête » l.38 = on se rappelle que celui qui regarde, pour Rudolf, c'est celui qui cherche à comprendre la personnalité : le père, Maria, le directeur de prison,
- « écarta les bras » l.22 accueille la parole de Rudolf, « laissa retomber ses bras » l.29 = conformément à l'expression « les bras m'en tombent » : il est ahuri, atterré de tant de « cynisme » selon lui. + Remarque : « des murmures dans la salle » : la salle n'est que le prolongement du Procureur, elle symbolise aussi le reste du monde, c-à-d tous ceux qui ne sont pas Rudolf et qui ne peuvent pas le comprendre.
- « fit un petit signe de la main » l.43 = accorde la possibilité à Rudolf de s'exprimer,
- « dit avec impatience » l.46 = incompréhension entre Rudolf et lui ; lui évoque un fait (le quoi), le gazage des enfants, Rudolf évoque un procédé (le comment): les enfants n'étaient pas « jetés » mais «envoyés»
C. Et finit par poser des conclusions injustes, qui marquent l'incompréhension entre les deux hommes
Quelques tentatives de communication :
-« vous voulez dire que » l.78 ou « n'est-ce pas » l.39 demande le Procureur pour être sûr de comprendre Rudolf.
-« bien entendu » l.76 précise Rudolf, comme s'il partageait la même réalité que n'importe qui (dans la phrase : « Mais chez moi, bien entendu, je me comportais autrement »).
- Très significatif : « dites-nous ce que vous en pensez » demande le Procureur => sa question rebondit sur la dénégation très nette de Rudolf lorsqu'il affirme qu'il n'aimait « pas du tout » sa mission. On (le Procureur, le public, le lecteur) s'attend à un argument portant sur le sens même de cette mission, or Rudolf ne se sent concerné que par le côté pratique : les taches répétitives, l'ennui.
Le constat de deux mondes hermétiques l'un à l'autre
- Rudolf s'attache au « comment » (il précise les mots, utilise des termes concrêts, voire techniques => « inaptes », « travail », « exécution », « mission »), le Procureur l'interroge sur le « pourquoi » et utilise un lexique plus métaphysique (« vous libérer », « plaisait », « idée », « ému », aimez », « nature »).
- le Procureur s'agace du pointillisme de Rudolf (avec impatience + peu importe)
- Le procureur analyse la réalité, Rudolf la décrit de manière brute. Il y a donc incompréhension totale, incommunicabilité entre ces deux êtres.
Rudolf résume cela : « cela n'a aucun rapport » l.75. Comme deux mondes parallèles qui ne peuvent jamais entrer en contact.
Sur les paroles du Procureur: il transforme ce que dit Rudolf
- Il « dit » répété de nombres fois = le Procureur est être de parole, donc il est capable d'intellectualiser la réalité, de la formuler, donc de la transformer par les mots :
| Ce que dit Rudolf | Comment le Procureur l'interprète |
« j'aurais eu l'air de me dérober » l.17 « enfants […]étaient envoyés » « nature [...] double » | « c'est donc que cette mission vous plaisait » l.19 « les enfants […] étaient jetés » « duplicité » |
- Il pose des jugements sur la personnalité de Rudolf : « duplicité », « brute », « hypocrisie », « cynisme », « brutalité », mais qui ne correspondent pas à ce qu'on connaît de Rudolf.
-Par exemple, il utilise le terme « cynisme » l. 94 pour dépeindre Rudolf [Rappel : cynisme = énoncé d'une réalité choquante, d'un air naturel, neutre ou humoristique]. Mais Rudolf lui-même ne considère pas ses dires comme cyniques, puisque selon lui, il ne fait que dire la réalité : il trouvait réellement son travail ennuyeux, il ne cherche pas à choquer en disant cela.
- Teinte le tout de qualificatifs hyperboliques : « horribles » l.13 « effroyable » l.93, « le plus grand » l.91 ou de formules d'insistance : la métaphore de la duplicité qui « éclate », l'expression « non content de... au surplus » l.90-92.
=> creuse l'incompréhension entre les deux hommes. L'un se place dans le jugement moral (bien / mal), voire dans hédoniste (plaisir, déplaisir), l'autre dans la réalité (vrai / faux). Il ne peut donc pas y avoir compréhension entre eux.
On en vient parfois à se mettre à la place de Rudolf et à rejeter les interprétations abusives du Procureur (lorsqu'il taxe Rudolf de cynique, hypocrite et brute notamment) => gênant : peut-on éprouver de l'empathie pour cet homme ?
[Questions à poser éventuellement en conclusion : jusqu'à quel point peut-on vouloir le comprendre ? Jusqu'à quel point peut-on lui trouver des excuses ? N'est-il pas immoral qu'un écrivain cherche à ce que le lecteur s'identifie à Rudolf ?]
II. Rudolf reste difficilement compréhensible
A. Il reste honnête et hyper précis
- Il emploie des termes sans équivoque : « liquider les juifs » l.15, « travail ennuyeux » l.28, « je devais donc les [les enfants] gazer » l.56
- Il ne nie pas la réalité : qu'on fouillait les juives pour trouver les enfants cachés, qu'il n'était pas ému par leur geste, qu'il ne lui est jamais venu à l'idée d'épargner les enfants, qu'il a une double nature.
- Il remercie son avocat, très poliment l.104 (d'avoir fait son travail ?).
- Il reste obstinément fidèle à la patrie : ne veut pas « avoir l'air de [se] dérober » l.17 (remarque : il met en balance se fierté de soldat et la vie de millions de Juifs, c'est sa fierté qui l'emporte); bien que cette mission ne lui « plaisait pas du tout », il l'a menée à bien ; il avait « des ordres » et il ne lui est jamais « venu à l'idée de désobéir aux ordres », il se conduisait « en soldat » et écoute la sentence du Président « au garde à vous » => il est un bon petit soldat (« petit fonctionnaire scrupuleux »), qui exécute les ordres sans jamais penser à les discuter.
- Il a toujours le souci de l'exacte réalité. Il ne supporte pas qu'on la déforme : « pas exact » l.3, « rectificatif » l.42
- Il reprend parfois les mots exacts du Procureur mais pour insister sur une subtile différence : « Particulièrement zélé et plein d'initiative » devient : « zèle et initiative […] mais... » l.10
« N'étiez-vous pas ému » devient « je ne pouvais pas me permettre d'être ému » l.54
« jamais venu à l'idée de les épargner » devient « jamais venu à l'idée de désobéir » l.59
- Il récuse des points précis : n'a pas provoqué les ordres ; n'a pas aimé sa tâche, n'a pensé désobéir aux ordres.
- Il atténue la réalité : substitue le terme « enfants » à celui de « bébés » l. 55
B. Il n'a aucune intériorité
- A la question « ce que vous en pensiez », il doit « réfléchi[r] un moment » l.27
A la question « comment conciliez-vous... », il « réfléchi[t] un instant » l.75
Sur la question de sa « nature », il « hésitai[t] un peu » l.79
Après le verdict, il « essayai[t] de réfléchir »
=> C'est donc après des questions très ouvertes qu'il hésite, qu'il ne réussit pas à apporter une réponse spontanée.
En fait, il remplace son propre vide intellectuel par les ordres : les ordres pensent à sa place : « il ne m'est jamais venu à l'idée de désobéir aux ordres » l.59.
Phrase de la philosophe juive Hannah Arendt : « C'est sur le vide de la pensée que s'inscrit le mal »
Il reste indifférent durant tout le procès :
- Aucun verbe de jugement venant de lui, seulement des verbes d'action, des verbes descriptifs : « dit, fit une pause, laissa retomber ses bras, fit un signe de la main, enlevai, posai, etc. ».
- A la sentence, sa seule réaction : « celle que j'attendais », aucune émotion manifestée.
- La seule personne à prendre en charge une certaine émotion : le garde qui lui « toucha légèrement l'épaule » l.103 // Maria qui manifeste de l'empathie à Rudolf dans l'incipit du roman (elle lui « tapota l'épaule ») = empathie dont Rudolf lui-même est incapable.
- Il rapporte objectivement l'énoncé de la sentence, en précisant : comment (« pendu »), où (« dans mon prpore camp d'Auschwitz »), à l'aide de quoi (« sur un des gibets ») => n'énonce toujours que des faits, des réalités observables.
- Deux phrases particulièrement marquantes : « je ne ressentais rien » l.113 et « ma propre mort ne me concernait pas » l.114 => il est comme extérieur à lui-même ; un personnage sans aucun ressenti.
- Très étonnant : C'est Rudolf qui rapporte ce que le Procureur traduit de son « changement d'expression faciale » l.87 => Rudolf lui-même ne peut pas savoir, il ne se regarde pas lui-même, au sens propre comme au sens figuré : aucune « introspection » : il ne voit pas ses expressions faciales, pas plus qu'il ne voit ses sentiments.
- Il tend à se considérer comme une « chose » : lorsque le Procureur lui demande de confirmer sa nature double, Rudolf répond qu'on peut considérer « la chose » comme ça l.80. Certes, expression populaire, mais signifiante ici : « la chose », c'est lui-même, il est un objet sans aucune intériorité.
- Il a des sensations presque animales : « froid » l.110 + marchait « de long en large » dans sa cellule : comme un animal en cage.
C. On finit par penser qu'il est fou
Il a une double personnalité
- // Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson ou encore la double personnalité propre aux schizophrènes.
- C'est la conclusion posé par le Procureur suite au questionnement :« nature […] double ? » l.78
Rudolf l'admet lui-même : « oui »
- Cette double nature est traduite par un parallélisme l.76-77 : au camp je me comportais en soldat // chez moi je me comportais autrement + « aucun rapport » entre ces 2 mondes selon Rudolf => 2 mondes hermétiques l'un à l'autre.
- Double nature au sein même du travail, avec double construction « tantôt... tantôt » l.88 : 1) petit fonctionnaire scrupuleux (= qui se comporte très conformément à la règle, au devoir); presque mélioratif 2) « brute » (très péjoratif)
- Ce que Rudolf nomme « nature double », le Procureur le transforme en « duplicité » => pour Rudolf, c'est un fait neutre, objectif, une constatation brute ; le Procureur, lui, porte un jugement moral (duplicité = « caractère d'un personne qui feint, qui a deux attitudes, qui joue deux rôles = fausseté, hypocrisie » selon le Petit Robert).
Il fonctionne comme un robot, sans aucun sentiment
-Il réfute les arguments du Procureur, il veut montrer qu'il n'était pas brutal, contrairement à ce que prétend démontrer le Procureur. Il ne comprend pas ce qu'on lui reproche
-Il semble très logique : utilisation de connecteurs (mais, donc, bien au contraire, d'ailleurs) mais cette logique n'est qu'apparente, elle est un syllogisme : 1) ordres = gazer les inaptes -2) or enfants = inaptes -3) donc enfants gazés (l.50)
+ ajoute un autre argument par une question rhétorique : bébés n'ont rien à faire dans un KL (comme s'ils étaient plus faits pour être gazés !).
Il semble suicidaire
- Question de son profil suicidaire : « Elle était celle que j'attendais » = la sentence = la mort (périphrase et personnification) : on se rappelle qu'il a déjà voulu se suicider lorsqu'il n'avait plus de but dans la vie, après son départ de l'armée ; on peut imaginer que la même chose se reproduit ici.
- Quelques symboles de mort : le froid alors qu'il y a de la lumière l. 110 , « la porte de ma cellule se refermait sur moi » l. 111, « une longue suite de couloirs que je n'avais jamais suivis jusque là » l.107
mardi 13 novembre 2012
LA 1 détaillée : Incipit
LA n° 1 – La Mort est mon métier : incipit jusqu’à « je me mis à trembler », pp 9-12
INTRODUCTION
Robert Merle est un écrivain français né en 1908 et mort en 2004. Sa vie a notamment été marquée par son emprisonnement en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, puis par le prix Goncourt qui lui a été discerné pour son roman Week-end à Zuydcoote. La Mort est mon métier est un roman qui retrace, sous une forme faussement autobiographique, la vie du commandant d’Auschwitz, Rudolf Hoess, baptisé dans la fiction Rudolf Lang. L’incipit situe l’action en Allemangne 1913 et nous présente Rudolf, encore enfant, qui vit dans une famille austère régie par les règles ultra autoritaires du père. Nous nous demanderons en quoi cet incipit est traditionnel, tout d'abord en montrant qu'il remplit sa fonction, puis en pénétrant au coeur de l'enfance du narrateur.
- Un incipit traditionnel / Un incipit qui remplit sa fonction
- Un cadre spatio-temporel précis (= où, quand)
-
- en Allemagne : « Kaiser-Allee » (l.1), « La ponctualité -est une vertu allemande-mein Herr ! »
(13), les prénoms des soeurs (Gerta et Bertha) ;
- en 1913 (titre du chapitre), donc juste avant la 2nde GM.
- Hiver, « une bouffée de vent et de pluie glaciale cingla mes jambes », « un samedi » (l. 2-3)
-
- un narrateur-personnage bien identifié (= qui parle)
-
- jamais nommé, c’est lui qui raconte à la première personne (premier mot du roman : « je »)
- on ne connaît pas son âge mais on sait qu'il n'est pas encore un adolescent, puisqu'il porte encore un bermudas : « mes jambes nues » l.2. On sait également qu'il est l’aîné de deux soeurs : « j’étais l’aîné mais elles étaient plus grandes que moi » (l. 75-76) : première mention de la petite taille du narrateur, qui reviendra souvent dans le roman.
-
- des personnages sous l'emprise du père (qui)
-
Le Père est invisible et absent, pourtant, c'est lui qui semble faire régner la terreur.
a) un Père terrifiant et omniprésent
PARADOXE : Il est le grand absent omniprésent de ce passage : « Et ce fut comme si Père se dressait devant moi » (l. 12) : intériorisation par toute la famille des règles et interdits fixés par le Père. Verbe « se dresser » : évoque une grande taille + une apparition miraculeuse et impressionnante.
- désigné par la dénomination respectueuse de « Père », la majuscule évoque « Dieu le Père » : décisions invisibles et inexorables.
- Physique effrayant : « noir et maigre … voix saccadée » (l. 12-13) : raideur et ascétisme. « grand manteau noir » (l. 30) qui apparaît presque comme une métonymie du père. « les yeux brillants et le visage maigre de Père » ( l.89-90) : personnage exalté.
- Son métier : on apprend qu’il est commerçant « il fait les comptes du magasin » (l. 18) Milieu social : petite bourgeoisie.
- Toutes les règles de la maison sont fixées par lui et tout le monde s’y plie, même quand le père n’est pas là pour surveiller.
- La religion, la vertu et le patriotisme font partie des valeurs transmises / imposées par le père : vertu «allemande » de ponctualité(l. 12-13) ; importance de la faute et de la prière (l. 64-67)
b) Maria, la seule note d'humanité
C’est la première personne qui apparaît dans le roman après le narrateur, c’est un personnage positif, qui aide silencieusement le narrateur, celui-ci constate « avec soulagement » (l. 7) que c’est elle qui lui ouvre la porte.
- physiquement, elle est imposante et rassurante : « la grosse Maria » (l. 7) « sa mèche grise »(un peu comme une grand-mère protectrice) « ses bons yeux bleus » (l. 9) ; « massive, immobile » (l. 24-25)
-elle le protège et est la seule à faire attention à lui, à prendre son angoisse en considération : « ses bons yeux bleus me regardèrent » (l. 9) , contrairement à la mère qui ne regarde jamais son fils; elle referme « doucement » la porte d’entrée pour que le père ne s’aperçoive pas que son
fils est en retard et elle lui apporte ses chaussons pour qu’il n’ait pas à aller dans sa chambre, ce qui l’obligerait à « passer devant le bureau de Père » (l. 22). Elle lui apporte l’escabeau : « Elle avait été le chercher pour moi dans le débarras » (l. 54-55). A deux reprises, le narrateur la
remercie, une fois à voix haute et une autre fois silencieusement (« Merci Maria » l. 31 et 57). Elle est la seule à avoir un contact physique avec lui : « … elle me tapota l’épaule » (geste doux et rassurant) (l. 33) ; elle semble le comprendre « elle hocha la tête » (l. 33) : geste de compassion muette.
=> elle joue le rôle que la mère n'assume pas, elle contrebalance la menace que fait planer le père.
c) Des soeurs effacées
- elles sont indissociables et interchangeables, sont toujours désignées par un pluriel : « tes soeurs » (l. 45),« Gerda et Bertha » (l. 52, 71), « Elles » (l. 53, l. 72, 73,74). Elles sont toutes les deux plus jeunes et « plus grandes que [lui] » (l. 76). Ne parlent pas, ni entre elles, ni à leur frère, ne communiquent d’aucune manière.
- Elles sont zélées et dociles : « déjà au travail » (l.45-46),« l’une derrière l’autre » (l. 71).
d) Une mère soumise
Désignée par le narrateur par le terme affectueux et enfantin de « Maman » (contrairement au père). Elle semble définie par sa peur du père, par sa soumission.
- Champ lexical de la peur : « d’un ton craintif » (l. 40), « sa main droite tremblait » l.109
Elle incite son fils à obéir aux règles imposées par le père, et les seules paroles qu'elle lui adresse sont des remarques sur le manquement aux règles : « tu es en retard » (l.40) ou des ordres : « Dépêche-toi » (l . 46),« Pose tes affaires et viens te laver les mains » (l. 100),« Peigne-toi » (l.112), « Ne pose pas le peigne » (l. 121).
Contrairement à Maria, elle semble incapable de protéger son fils, est aussi terrorisée que lui par le Père. Elle n’est pas capable de protéger ses enfants de la folie du père. Lorsqu'elle semble vouloir manifester un peu de tendresse à son fils, elle doit transgresser une des règles imposées (lavage des mains à l'eau froide). Sa réaction montre sa peur d’avoir transgressé les ordres de son mari : elle ne répond rien, « soupir[e] » et se met à « trembl[er] ».
- Important : c’est son fils qui lui rappelle que l’eau chaude est interdite et elle vide l’eau chaude pour qu’il se lave les mains à l’eau froide : déjà, le fils semble être celui qui a véritablement
intériorisé les règles du Père au point de les faire siennes et la mère lui obéit.
- Une atmosphère inquiétante (quoi)
- Omniprésence de la peur et du silence
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Tous les personnages semblent habités par la peur du Père et de ses règles.
- 1er paragraphe : précipitation du narrateur qui se souvient « qu’on est samedi » : précision énigmatique pour le lecteur, qui prendra son sens plus loin : le samedi est jour de nettoyage et jour où le narrateur doit avoir un entretien avec son père, qui le terrorise. Accumulation de verbes de mouvement au passé simple : « je tournai », « je fis », « je m’engouffrai », « je montai », « je frappai » + termes qui connotent la précipitation et même la panique : « en courant », « engouffrai », « quatre à quatre ».
- champ lexical de la peur tout au long du texte : « avec angoisse » (l.3), « avec soulagement » (l. 7), « d’un ton craintif » (l. 39), « avec terreur » (l. 64), « mon coeur se mit à battre » (l. 79), « sa main droite tremblait » (l.111), « je me mis à trembler » (l. 121)
- maison très silencieuse : tous les personnages parlent à voix basse ou se taisent : Maria parle « à voix basse et furtivement » (l.10), [« furtivement », adv qui connote que l’on agit en cachette, à la dérobée] ; or, il n’y a personne qui la surveille (peur intériorisée). Le narrateur s’exprime « dans un souffle » (l. 15), « je n’ouvris pas la bouche «(l. 59), il chante « à mi-voix » (l. 69).
-
- Une maison régie par des règles et des interdits stricts
-
La maison est régie par de nombreuses règles et interdits dont le sens n’apparaît pas clairement au lecteur ; tous les personnages, y compris la mère, obéissent à ces règles.
a) Les interdits
- interdiction de parler : « on n’avait pas le droit de parler quand on lavait les vitres » (l. 57-58) ; pourquoi ? Il n’y a normalement aucune incompatibilité entre un travail de nettoyage et le fait de parler. Règle qui d’emblée semble absurde au lecteur.
- Règle implicite : ne pas se regarder. La mère, les soeurs et le narrateur évitent de se regarder et même se tournent souvent le dos, même en se parlant : « ses yeux pâles glissèrent sur les miens » (l. 38) ; »je ne vis plus que son dos » (l. 43), « Elles me tournaient le dos » (l. 53), « je détournai la tête » (l. 75) : cette dernière phrase semble être la conséquence de l’affirmation qui vient juste après : « elles étaient plus grandes que moi » : devant un être supérieur, on s'incline. « elle… me tourna le dos » (l. 107), « dit sans me regarder » (l. 110), « ma mère dit derrière mon dos » (l.119). Une famille, donc, où chacun évite de croiser le regard de celui qui lui est supérieur, la mère évite le regard de Rudolf, Rudolf évite celui de ses soeurs. Dans la scène qui suit, le Père regarde Rudolf droit dans les yeux.
- interdiction de regarder par la fenêtre quand on lave les vitres : « Mon Dieu, faites que je n’aie pas regardé par la fenêtre »(l.65), interdiction qui semble absurde et impossible à respecter.
Important : ce qu'il voit par la fenêtre, c'est un train et de la fumée. Cela annonce les camps de concentration...
- Interdiction de se laver à l’eau chaude : « Père nous défendait de nous laver à l’eau chaude » (l.101)
b) Les règles
-ponctualité féroce : peu de paroles échangées, mais par deux fois la phrase « Tu es en retard » est dite au narrateur, par Maria (l. 11) et par la mère (l. 40) ; Le narrateur a alors l’impression que la figure terrifiante de son père se dresse devant lui ; ponctualité présentée comme « une vertu allemande » (l.14). La mère « regard[e] l’horloge du buffet » (l.39). Elle exhorte Rudolf : « dépêche-toi » l.46.
-ménage fait par les enfants, apparemment de manière hebdomadaire et selon un rite immuable : «ta cuvette et tes chiffons » (l.45), « tes affaires » (l. 11) les soeurs ont « leur cuvette à la main » (l. 72) : utilisation des adj. possessifs, chacun a son propre matériel pour ce rituel du samedi
-propreté qui semble d’emblée excessive, presque maladive. Toute la famille est occupée à laver, le linge, les vitres, soi-même : la mère lave du linge devant l’évier (l. 36), les soeurs et le narrateur lavent toutes les vitres de la maison. Champ lexical du nettoyage : « cuvette et … chiffons » (l. 45, 48, 60, 78, 97,105), « laver » (l. 36, 43, 100), « lavait » (l. 59), « frotter » (l. 61), « mon chiffon alllait et venait sur la vitre » (l. 91-92), « savon » (l. 106), « bassine de linge » (l. 114), « eau chaude » (l. 102, 103, 104), « évier » (l. 35 , 101, 106, 108).
-
- Une enfance marquée par l'ordre et l'obéissance excessive
-
-Se sachant en retard, Rudolf imagine la voix de son père lui rappelant la règle de la ponctualité l.13.
-Lorsque sa mère lui donne des ordres, il obéit immédiatement : « oui, Maman » l.47.
-Il obéit à toutes les règles imposées, alors même qu'il n'y a personne pour le réprimander : l.56-57 : « je n'ouvris pas la bouche : On n'avait pas le droit de parler », « Je dis tout bas avec terreur : « Mon Dieu, faites que je n'aie pas regardé dans la rue » l.64-65
-Pire : lorsque sa mère enfreint une des règles du père, il le lui fait remarquer, comme un reproche : « Mais c'est de l'eau chaude ! » l.104
-Lorsqu'il s'imagine puni par un officier, qu'il lui obéit « avec respect », il en éprouve des « picotements » de plaisir (l.92) comme le prouve l'adverbe « délicieusement » l.94.
Tous ces éléments permettent de comprendre pourquoi Rudolf deviendra un Chef particulièrement obéissant, odieux d'obéissance, soumis à l'autorité et sans aucun jugement moral pour lui faire prendre conscience de l'attrocité de ses actes.
Eléments de conclusion
Incipit réaliste, cadre historique précis, description d’une famille catholique rigide, en Allemagne, juste avant la déclaration de la 1ère GM.
Tous les personnages de la famille sont présentés, mais le plus important, celui qui régit la vie de tous, le Père, est absent des premières pages et n’apparaît qu’en dernier : effet d’attente pour le lecteur.
Les facteurs qui vont permettre au narrateur de construire sa personnalité sont déjà donnés ou ébauchés : la rigidité, la peur, la honte, l’importance du regard d’autrui, l’absence d’amour criante dans ce cadre familial.
Le modèle identificatoire est déjà là également : le grand-père officier, sorte de double du père, moins terrifiant car mort.
On perçoit déjà que le narrateur est lui aussi une sorte de double de son père (l’épisode de l’eau chaude), et qu’il a intériorisé une éducation fondée sur la terreur, les règles rigides et absurdes, l’indifférence à autrui.
LA 3 détaillée : Mise en place de la solution finale
LA n° 3 : La mise en place de la Solution Finale
pp. 270-274
de « J'apportai immédiatement une amélioration notable » à « pour les savants nationaux-socialistes ».
Rudolf a reçu des ordres du Fürher pour pratiquer la Solution Finale (p. 249 à 252). Rudolf n'envisage que l'aspect technique de cet ordre (p.251) et met tout en oeuvre pour y parvenir. Il va visiter le camp de Treblinka pour observer la manière de procéder du Capitaine Schmolde puis installe une station expérimentale dans deux fermes désaffectées. L'extrait étudié évoque les questions que se pose Rudolf sur son travail.
Montrer que derrière un discours très rationnel se cache un abominable dessein.
- Un exposé technique et rationnel qui montre un homme scrupuleux
- un énoncé des différents problèmes et des solutions
- Un vocabulaire technique et précis
- La conscience d'une tâche qui confine au mysticisme
-
- En réalité, une atroce réflexion macabre
- Un cynisme éhonté : mensonge, hypocrisie, secret
- une inhumanité terrifiante : aucun sentiment, la propreté à tout prix, responsabilité,
- La mort comme unique objectif
-
-
- Enoncé des problèmes techniques auxquels se heurte Rudolf Lang :
-
- Trois occurrences du terme « problème » l. 18, 77, 88 + des synonymes ou des détails sur ces problèmes : « difficulté majeure » l.32, « ennuis » l.17, « inconvénients » l.90
- Liste de ces problèmes :
- les révoltes des prisonniers lorsqu'on les fait entrer dans les bâtiments où ils vont mourir, d'où des « retards » l.17
- manque de gaz asphyxiants, d'où lenteur de la mort, voire mort ratée (« procédé plus rapide et plus sûr » l.21)
- pannes mécaniques et manque d'essence pour les camions
- pertes de temps (problème répété à de nombreuses reprises)
- maintenir le secret sur l'opération
-
- liste des solutions et résultat :
- rassurer les prisonniers en leur faisant croire qu'ils vont se laver, qu'ils auront du café chaud, plaisanter avec eux => évite les révoltes.
- Demander des stocks de gaz asphyxiants au Fürher => refus de la SS qui ne veut pas attirer l'attention
- utiliser du Cyclon B => « gain de temps », gain d'argent
- construire une salle unique pour tout un convoi
- isoler le « kommando spécial des SS et le Kommando spécial des détenus » du reste du camp => gain de temps, maintien du secret
- construire une voie ferrée jusqu'aux portes de la salle => gain de temps, maintien du secret
-
-
- Emploi d'un vocabulaire technique et précis
-
- très nombreux termes quantitatifs : « un kilo » l.44, , « nombre de 200 » l.57, « 2000 » l.85, « faible quantité » l.82, « médiocre contenance » l.81, « nombre requis » l.93
- des termes scientifiques : « procédé » l.86, « résultat de l'expérience » l.67, « diamètre » l.55, « fractionner » l.84
- des préoccupations essentiellement économiques : Rudolf Lang parle d' « efficacité » l.14, de « productivité » l.92, d' »amélioration » l.1; il calcule des coût : « ne coûtait que 3 marks 50 » l.76 et cherche avant tout à « éviter des pertes de temps » l.22 : « gain de temps » l.69, « plus rapide » l.21 => il semble obnubilé par ce temps qui lui manque.
- Il réfléchis beaucoup : « je cherchais » l.20, « j'en conclus » l.51, « en y réfléchissant » l.101 et de nombreux « je compris » l.77, 97, 119
- Ses idées s'enchainent logiquement, comme en témoignent les nombreux connecteurs logiques « en conséquence » l.16, « puisque » l.70, « du même coup » l.78, « en effet » l.79, « car » l.83, « il découlait de là que » l.104, « par ailleurs... enfin » l.70 à 75.
-
- La consience d'une tâche qui confine au mysticisme
-
- Rudolf Lang n'exprime ses sentiments que pour manifester son contentement d'avoir trouvé des solutions à ses problèmes : il évoque le « hasard providentiel » l.32, or le terme « Providence » désigne le gouvernement de Dieu sur sa création.
- Il est obéissant et prend son devoir très à coeur : non seulement il ne trouve rien à redire à ce que lui demande Himmler, mais il le fait « immédiatement » (répété 3 fois, l.1, 13, 53), « fiévreusement »l.20, « la tâche historique qui m'incombait » l.98. Il dit de la découverte du cyclon B qu'il « dépassait [s]on espoir » l.67 et trouve toute cette idée « grisante » l.126. Il se laisse emporter (seule émotion exprimée dans ce passage) par la joie de répondre aux attentes des chefs.
- Même plus, il rêve de grandeur : « voir grand » l.100, devient mégalomane en fin d'extrait, lorsqu'il imagine une « salle de dimensions […] grandioses » l.96, des « gigantesques installations », « immenses » + accumulation de termes au pluriel => foisonnement d'idées, pour la gloire du parti, pour sa religion.
- Il semble avoir pleinement conscience du tourment qui attend ses prisonniers, puisqu'il finit par les désigner par le terme de « patients »l.110 [en médecine, le patient est celui qui va subir un traitement ; littéralement, le patient est celui qui subit ou va subir un supplice, il vient du latin patere = souffrir]. Il les désigne dans le même passage par le terme de « victimes » l.104 [à l'origine, la victime est la créature humaine qu'on offre aux dieux ; ici, on en vient à penser que pour Rudolf, le nazisme est une religion, dans laquelle il offrirait des victimes aux dieux (les chefs du parti) ; d'ailleurs, le terme « Holocauste » désigne tout aussi bien l'extermination des Juifs par les nazis (équivalent de Shoah), que le sacrifice religieux chez les Juifs.]
TR : Rudolf Lang est donc tellement obéissant qu'il prend son devoir à coeur, s'y plonge avec zèle, calcule et pèse les moindres détails, sans sembler s'apercevoir un seul instant que ce qu'il fait est ignoble.
-
- En réalité, les solutions envisagées sont d'un cynisme atroce :
-
- Rudolf a conscience de sa responsabilité, se montre en homme de décision : « je donnais l'ordre » l.63 + d'innombrables formules de type « faire + infinitif » (« je fis mettre », « je fis inscrire », « je fis procéder »...) qui montrent son pouvoir.
- tout un lexique du mensonge et de l'hypocrisie est utilisé : « trompe-l'oeil » l.4, « donner l'impression » l.5, un « décor » l.110 ; il demande même à l'officier de faire semblant de plaisanter avec les prisonniers et de leur laisser croire qu'un café chaud les attend après la douche.
- R.L. (et ses supérieurs) maintient un secret absolu sur cette opération, preuve qu'il la sait immorale : « sans éveiller la curiosité » l.29, « étouffer leurs cris » l.104, « soigneusement isolés du reste du camp » l.115, « secret absolu » l.118, « cacher le contenu des trains à la population » l.122.
-
- Une inhumanité terrifiante
-
- Il est presque toujours le sujet de verbes concrets, comme s'il ne pouvait pas prendre de recul par rapport à la réalité; il est englué dans le matériel, ne juge jamais ce qu'il fait ou ce qu'il doit faire, il ne fait que décrire une succession d'actions mécanisées : « installer » l.3, « fonctionner » l.13, « procéder » l.36, « percer » l.54...
- Dans la manière dont il désigne les prisonniers, il semble passer d'une prise en compte de leur caractère humain à leur chosification (= il les considère comme des objets). Au début de l'extrait, il les appelle « détenus » (l.5, 8, 14), « prisonniers », ce qui montre encore un semblant d'humanité; ensuite, ce sont les « inaptes » (l.56, 85), puis les « unités » l.85.
- Il n'est fait à aucun moment mention d'empathie ou même de prise en compte de la souffrance de l'autre. Si on rassure les prisonniers, ce n'est pas pour leur éviter la souffrance mais uniquement pour gagner du temps en évitant des révoltes.
-
- La mort de milliers d'êtres humains comme unique objectif
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- Tout un champ lexical de la propreté peut métaphoriser « l'épuration », le génocide des juifs : « désinfection » l.3, « se laver » l.6, « grand nettoyage » l.36, « débarrasser de leur vermine » l.43.
- La mort est présente partout entre les lignes, et pourtant, on ne trouve que peu de références explicites à celle-ci : « gaz asphyxiant » l.24, « dangereux pour l'homme » l.51, « liquider » l.68, « gazage » l.106. Comme si Rudolf Lang faisait tout pour évacuer l'unique objectif de toute cette installation.
- Quelques lignes racontées de manière horriblement apathique, pour évoquer la mort violente des victimes, l.59 à 66 + 103-104 : tout passe par l'ouïe, la mort est donc suggérée, ce qui la rend d' autant plus atroce : « hurlements », « résonnèrent », « cris ». Le volume sonore est proportionnel à l'attaque de la mort, jusqu'au « silence total ». On imagine l'ignominie de cette mort, sa violence, d'ailleurs exprimée : « violents » l.60, puis 61.
- Le terme « mort » n'apparait qu'une seule fois dans tout l'extrait, l. 66, mais à l'intérieur d'une phrase d'une simplicité terrible (sujet + verbe + complément). => elle est même sujet de la phrase, comme si R.L. se déchargeait de toute reponsabilité au moment ultime.
- La souffrance et la torture sont suggérées mais jamais énoncées clairement : les victimes meurent par asphyxie, comme le suggère le qualificatif « asphyxiant » l.25 les « hurlements » et les « coups violents » (l.59-60) ou les « assauts désespérés » (l.104) témoignent de la souffrance des gazés + l'abominable dernière phrase : référence aux expériences menées par les médecins nazis, les « savants » (se rappeler que Rudolf considère le Dr Vogel comme un « grand savant », sur la stérilisation des femmes, les dissections de cadavres ou même de vivants...
Cl) Un homme tellement pris dans son devoir et des exigences de rendement qu'il en perd toute réflexion morale. Il est englué dans le concrêt, dans l'efficacité, et en oubli toute humanité. Cela ne fait que réaliser la prophétie du directeur de la prison (p.185) : « vous êtes un homme dangereux ».
samedi 27 octobre 2012
Mémoire de la Shoah : questions sur les textes
Questions sur le GT complémentaire à La Mort est mon métier : mémoire de la Shoah.
Doc A
- A quoi servent les questions posées par les S.S.?
- Repérer les différents groupes de personnages et les classer en deux colonnes, selon le choix opéré par les S.S.
- Pourquoi Primo Levi recourt-il parfois au présent ? Quel est la portée de l'anaphore « nous savons » ?
- Pourquoi l'auteur prend-il l'exemple précis de la petite Emilia, et pas celle d'une autre personne ? Qu'est-ce que cet exemple apporte au récit ?
- Montrer que le tri opéré par les S.S. est sommaire.
- Relever les images métaphorisant la mort.
- Expliquer pourquoi personne n'ose plus lever les yeux sur l'autre l.18.
- Quelle comparaison / métaphore utilise-t-il pour se décrire l.18 à 22 ? Relever également les adjectifs qualificatifs de ce paragraphe. Quelle conclusion peut-on en tirer ?
- Lister tout ce que les SS suppriment aux prisonniers. Relever une expression nommant la conséquence terrible de ces privations.
- « Nous serons difficilement compris » l.40 : qui désigne ce « nous » ? Par qui « nous » sera-t-il difficilement compris ? Quelle souffrance supplémentaire cette phrase traduit-elle ?
- Qui désigne le « on » l. 53 ? L.59 ? l.60 ? l.63 ? Pourquoi primo Levi utilise-t-il un même pronom pour désigner des sujets différents ?
- Expliquer ce qu'entend Primo Levi lorsqu'il parle de double sens du terme « camp d'extermination » l.64.
- Que désigne « le rayé » l.2 ?
- Quels privilèges accorde le statut de « kapo » ?
- Pourquoi les kapos font-ils tout « pour compromettre la discipline » l.33-34 ?
- Expliquer ce qui empêche la solidarité entre « politiques » dans le camp [Les « politiques » sont les prisonniers pour raisons politiques].
- Comment, dans ce cas, les prisonniers s'en sortent-ils ?
- Pourquoi Robert Anselme précise-t-il qu'il existe une solidarité entre « hommes » l.80 (en italique dans le texte), alors qu'il expliquait dans le paragraphe précédent que la solidarité était impossible entre « politiques » : expliquer cette distinction entre les deux types de solidarité.
Doc D
- Relever en deux colonnes les deux grands champs lexicaux dans les lignes 1 à 5 (jusqu'à « plumes »).
- Entre les l. 5 à 16, relever en deux colonnes ce qui concerne les sportifs, et ce qui concerne les Juges. Qui sont en réalité les sportifs et les Juges ?
- Quel rôle joue l'anaphore qui scande le début de l'extrait ?
- Quels sont les temps verbaux généralement utilisés dans la 1ère partie ? Et ceux utilisés dans le 2nde partie ? Comment interpréter la présence de l'astérisque entre les deux parties ? En tirer des conclusions sur le rapport qui existe entre ces deux parties.
Souligner dans les témoignages de rescapés, tous les points que l'on retrouve dans le roman de Robert Merle.
Doc F
- Dans les documents 2 et 3, comment Rudolf Höss justifie-t-il sa participation au processus d'extermination ? Quelle est sa place dans ce processus ?
- Dans les documents 1 et 4, quels paradoxes apparaissent dans la personnalité de Rudolf Höss ?
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