Etymologiquement, libertinus signifie "affranchi" (esclave qui a été libéré).
Au XVIIème siècle, le libertin désigne celui qui s'affranchit des idées communément admises et des croyances religieuses. C'est un libre penseur.
S'il n'y a pas, à proprement parler, de philosophie du libertinage, on peut en revanche dégager de grandes caractéristiques de ce mode de pensée :
- le libertin vit dans le présent, en épicurien : il fuit la douleur (Dom Juan, lui, ne se contente pas de fuit la douleur, il recherche aussi le plaisir)
- il est matérialiste (comme Epicure): seule la matière existe, l'immatériel et le métaphysique n'existent pas ("Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit", DJ, III, 1.
- il est rationnaliste : il considère que l'on peut tout comprendre, tout prouver, et que le miracle ou l'inexplicable n'existe pas ("je veux éprouver avec mon épée si c'est un corps ou un esprit", DJ, V, 5)
- en matière de religion, soit il est athée, soit il est déiste : il croit en un dieu, mais en dehors de toute religion (scène du pauvre)
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vendredi 7 mai 2010
jeudi 6 mai 2010
Dom Juan, un mythe ?
Mythe : récit imaginaire qui raconte la création du monde et des hommes, et qui fait intervenir des dieux ou des créatures divines.
Légende : récit qui s'inspire de faits réels, mais dont l'essentiel est imaginaire : les lieux, dates et noms des personnages sont souvent réels ; les évènements narrés sont tellement déformés par les transmissions successives qu'ils s'imprègnent de merveilleux.
Selon Wikipedia:
Le personnage de Don Juan serait inspiré d'un personnage réel, ayant vécu au XIVème siècle en Italie, et qui s'appelait Don Juan Tenorio. Celui-ci aurait séduit une jeune fille, puis tué son père, le Commandeur Ulloa. Des moines auraient tué Don Juan en représailles, en puis auraient fait croire à un châtiment divin.
Si cette histoire est vraie (mais aucune certitude !), alors Don Juan est bien une légende. Mais si l'histoire est fausse ... Don Juan est tout de même devenu une légende : à force d'être racontée, elle a pris chair, et Don Juan est devenu un personnage à part entière.
Légende : récit qui s'inspire de faits réels, mais dont l'essentiel est imaginaire : les lieux, dates et noms des personnages sont souvent réels ; les évènements narrés sont tellement déformés par les transmissions successives qu'ils s'imprègnent de merveilleux.
Selon Wikipedia:
Le personnage de Don Juan serait inspiré d'un personnage réel, ayant vécu au XIVème siècle en Italie, et qui s'appelait Don Juan Tenorio. Celui-ci aurait séduit une jeune fille, puis tué son père, le Commandeur Ulloa. Des moines auraient tué Don Juan en représailles, en puis auraient fait croire à un châtiment divin.
Si cette histoire est vraie (mais aucune certitude !), alors Don Juan est bien une légende. Mais si l'histoire est fausse ... Don Juan est tout de même devenu une légende : à force d'être racontée, elle a pris chair, et Don Juan est devenu un personnage à part entière.
Baroque et Classicisme
Le Baroque :
En littérature, il correspond à la fin du XVIème siècle, début du XVIIème.
Barroco, en portugais, signifie « perle irrégulière ».
Le baroque se caractérise en architecture par les arabesques, les courbes, le mouvement, les dorures, les surcharges et le clinquant, les miroirs et effets d'illusions comme les trompe-l'oeil.
En littérature, il se reconnaît aux nombreuses figures de style, aux mises en abîme (récit dans le récit, théâtre dans le théâtre), aux accumulations ou antithèses.
Les thèmes privilégiés sont la mort, l'instabilité, les apparences ou illusions, l'imagination …
En peinture, les Vanités sont typiques du Baroque (voir celle de Philippe Champaigne par exemple)
Quelques auteurs baroques : Ronsard ; de Viau ; Corneille pour certaines de ses pièce (l'Illusion Comique notamment), Shakespeare pour l'Angleterre.
Le Classicisme :
Il correspond à la deuxième moitié XVIIème siècle et est marqué par le goût des règles en Littérature. Boileau a rédigé les règles du théâtre classique dans son Art Poétique (trois unités, vraisemblance et bienséance).
« L'honnête homme » (élégant, poli, raffiné, cultivé et de bonne compagnie mais humble …) incarne les valeurs humaines du classicisme.
Les auteurs classiques s'inspirent volontiers des auteurs de l'Antiquité (voir la manière dont La Fontaine s'est inspiré d'Esope et Phèdre) ; bien que certains préfèrent s'en affranchir (c'est la fameuse "querelle des Anciens et des Modernes").
L'écriture recherche l'ordre, la simplicité et prône la raison plutôt que l'imagination (s'opposant ainsi au Baroque).
Quelques auteurs classiques : La Fontaine, Racine, Corneille, Molière, Perrault (un « Moderne »).
En littérature, il correspond à la fin du XVIème siècle, début du XVIIème.
Barroco, en portugais, signifie « perle irrégulière ».
Le baroque se caractérise en architecture par les arabesques, les courbes, le mouvement, les dorures, les surcharges et le clinquant, les miroirs et effets d'illusions comme les trompe-l'oeil.
En littérature, il se reconnaît aux nombreuses figures de style, aux mises en abîme (récit dans le récit, théâtre dans le théâtre), aux accumulations ou antithèses.
Les thèmes privilégiés sont la mort, l'instabilité, les apparences ou illusions, l'imagination …
En peinture, les Vanités sont typiques du Baroque (voir celle de Philippe Champaigne par exemple)
Quelques auteurs baroques : Ronsard ; de Viau ; Corneille pour certaines de ses pièce (l'Illusion Comique notamment), Shakespeare pour l'Angleterre.
Le Classicisme :
Il correspond à la deuxième moitié XVIIème siècle et est marqué par le goût des règles en Littérature. Boileau a rédigé les règles du théâtre classique dans son Art Poétique (trois unités, vraisemblance et bienséance).
« L'honnête homme » (élégant, poli, raffiné, cultivé et de bonne compagnie mais humble …) incarne les valeurs humaines du classicisme.
Les auteurs classiques s'inspirent volontiers des auteurs de l'Antiquité (voir la manière dont La Fontaine s'est inspiré d'Esope et Phèdre) ; bien que certains préfèrent s'en affranchir (c'est la fameuse "querelle des Anciens et des Modernes").
L'écriture recherche l'ordre, la simplicité et prône la raison plutôt que l'imagination (s'opposant ainsi au Baroque).
Quelques auteurs classiques : La Fontaine, Racine, Corneille, Molière, Perrault (un « Moderne »).
Biographie de Molière
Jean-Baptiste Poquelin naît en 1622. Il perd sa mère à l'âge de 10 ans. Son père est un riche marchand tapissier qui devient tapissier du Roi (Louis XIII).
Il fait des études de … droit (bien sûr !), mais remplace bien vite son père comme tapissier du Roi.
Juste après la mort de Louis XIII, en 1643, Jean-Baptiste fonde « l'Illustre théâtre », avec la famille Béjart, une famille de comédiens. Il a donc 20 ans. Il est amoureux de Madeleine Béjart, la directrice de la troupe, avec laquelle il aura une liaison tumultueuse.
Il prend le pseudonyme de « Molière » et la troupe vivote quelques temps. Mais Molière est emprisonné pour dettes durant quelques jours à 23 ans. La troupe part ensuite tenter sa chance en province où elle arpente les villes. Elle est protégée par des puissants, le duc d'Eperon, le prince de Conty, puis le gouverneur de Normandie.
En 1658, Molière a alors 36 ans, la troupe revient à Paris où sa réputation commence à enfler. Elle est sous la protection du frère du Roi, le duc d'Orléans.
A 40 ans, il épouse Armande Béjart, 20 ans, la jeune soeur de Madeleine (sa fille, selon certaines sources).
Après le succès de l'Ecole des femmes, il reçoit une pension du Roi, ce qui suscite des jalousies. Molière est accusé d'impiété et d'épicurisme (quelle horreur !).
Lorsque paraît Tartuffe, le Roi en interdit la représentation publique, probablement influencé par les dévots. Molière s'empresse d'écrire Dom Juan, qui sera peu joué, malgrè son succès.
En 1665, la troupe devient « Troupe du Roi » et reçoit une rente importante.
Molière et Armande se séparent.
Tartuffe est de nouveau autorisé par le Roi, cinq ans après sa première repésentation. C'est un succès incomparable !
Madeleine Béjart meurt en 1672, à 55 ans. Un an après, jour pour jour, Molière meurt, alors qu'il est sur scène, en train de jouer le Malade Imaginaire. Il a 51 ans.
Il fait des études de … droit (bien sûr !), mais remplace bien vite son père comme tapissier du Roi.
Juste après la mort de Louis XIII, en 1643, Jean-Baptiste fonde « l'Illustre théâtre », avec la famille Béjart, une famille de comédiens. Il a donc 20 ans. Il est amoureux de Madeleine Béjart, la directrice de la troupe, avec laquelle il aura une liaison tumultueuse.
Il prend le pseudonyme de « Molière » et la troupe vivote quelques temps. Mais Molière est emprisonné pour dettes durant quelques jours à 23 ans. La troupe part ensuite tenter sa chance en province où elle arpente les villes. Elle est protégée par des puissants, le duc d'Eperon, le prince de Conty, puis le gouverneur de Normandie.
En 1658, Molière a alors 36 ans, la troupe revient à Paris où sa réputation commence à enfler. Elle est sous la protection du frère du Roi, le duc d'Orléans.
A 40 ans, il épouse Armande Béjart, 20 ans, la jeune soeur de Madeleine (sa fille, selon certaines sources).
Après le succès de l'Ecole des femmes, il reçoit une pension du Roi, ce qui suscite des jalousies. Molière est accusé d'impiété et d'épicurisme (quelle horreur !).
Lorsque paraît Tartuffe, le Roi en interdit la représentation publique, probablement influencé par les dévots. Molière s'empresse d'écrire Dom Juan, qui sera peu joué, malgrè son succès.
En 1665, la troupe devient « Troupe du Roi » et reçoit une rente importante.
Molière et Armande se séparent.
Tartuffe est de nouveau autorisé par le Roi, cinq ans après sa première repésentation. C'est un succès incomparable !
Madeleine Béjart meurt en 1672, à 55 ans. Un an après, jour pour jour, Molière meurt, alors qu'il est sur scène, en train de jouer le Malade Imaginaire. Il a 51 ans.
vendredi 19 mars 2010
Le Dom Juan de Tirso de Molina
Son titre est : El burlador de Sevilla y convidado de piedra = L'abuseur de Séville et le convive de pierre.
La pièce, publiée et jouée en 1630 par l'Espagnol Tirso de Molina, raconte l'histoire suivante :
Don Juan Tenori s'enfuit de Naples après avoir séduit la Duchesse Isabelle en se faisant passer pour son fiancé. Pendant son voyage vers Séville, il fait naufrage et est recueilli par une paysanne qu'il séduit encore et qu'il abandonne aussitôt. A Séville, il se fait passer pour son ami La Mota pour séduire la maîtresse de ce dernier. Le père de la jeune femme, le Commandeur Don Gonzalo d'Ulloa, meurt en voulant venger l'honneur de sa fille.
Don Juan se retire à la campagne où, lors d'un mariage, il séduit la mariée !
Découvrant par hasard la statue du Commandeur Don Gonzalo d'Ulloa, Don Juan lui tire la barbe et l'invite à dîner. Finalement, c'est la statue qui convie Don Juan à un festin au cours duquel il se repent de tous ses méfaits. Mais il est trop tard : il meurt dans les flammes de l'enfer.
Pour un résumé un peu plus détaillé, voir ici.
Le Don Juan de Tirso de Molina est beaucoup moins en rébellion contre la religion et l'autorité que le Don Juan de Molière. Il est aussi plus érotique, il recherche les femmes pour assouvir un désir sexuel que n'a pas le Don Juan de Molière.
Si les deux récits se ressemblent, les deux Don Juan sont donc très différents. Celui de Tirso de Molina n'est qu'un débauché, alors que celui de Molière est un Libertin.
La pièce, publiée et jouée en 1630 par l'Espagnol Tirso de Molina, raconte l'histoire suivante :
Don Juan Tenori s'enfuit de Naples après avoir séduit la Duchesse Isabelle en se faisant passer pour son fiancé. Pendant son voyage vers Séville, il fait naufrage et est recueilli par une paysanne qu'il séduit encore et qu'il abandonne aussitôt. A Séville, il se fait passer pour son ami La Mota pour séduire la maîtresse de ce dernier. Le père de la jeune femme, le Commandeur Don Gonzalo d'Ulloa, meurt en voulant venger l'honneur de sa fille.
Don Juan se retire à la campagne où, lors d'un mariage, il séduit la mariée !
Découvrant par hasard la statue du Commandeur Don Gonzalo d'Ulloa, Don Juan lui tire la barbe et l'invite à dîner. Finalement, c'est la statue qui convie Don Juan à un festin au cours duquel il se repent de tous ses méfaits. Mais il est trop tard : il meurt dans les flammes de l'enfer.
Pour un résumé un peu plus détaillé, voir ici.
Le Don Juan de Tirso de Molina est beaucoup moins en rébellion contre la religion et l'autorité que le Don Juan de Molière. Il est aussi plus érotique, il recherche les femmes pour assouvir un désir sexuel que n'a pas le Don Juan de Molière.
Si les deux récits se ressemblent, les deux Don Juan sont donc très différents. Celui de Tirso de Molina n'est qu'un débauché, alors que celui de Molière est un Libertin.
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